Blog

Texte en vers octosyllabiques

A la manière de Georges Perros, écrire un texte en vers octosyllabiques

 

La veille je fus fort affairée,
Tout y passa sans rien laisser,
Ménage, courses, repassage,
Je ne le savais pas encore,
J’allais accoucher bientôt,
Bientôt une petite fille naîtra.
Nuit agitée, autre prémisse,
Réveil à cinq heures du matin,
Mari grognon s’il en fut,
Mais non tu te fais des idées.
Moi décidée, une bonne douche,
Belle-mère debout affolée,
Une contraction haut d’escalier,
Bas d’escalier la suivante,
Vite vite il est temps de partir,
Une couverture dans la voiture,
A fond de caisse sur le barrage.
Bien arrivés à l’hôpital,
Sans transition je me retrouve
Sur la table installée.
Trois « poussez poussez », la voilà
Toute chaude déposée
Sur mon ventre bien fatigué,
Bienvenue à toi, je suis là.

Agnès

Exercices de style

Sur le modèle du recueil Exercices de style de Raymond Queneau, écrire une anecdote et la présenter avec différents styles :

 

INJURIEUX
Nique ta race, c’est pas possible. Ce petit con de chien est encore à me courir après.Tous les matins le bâtard, allez savoir pourquoi, se met à ma poursuite dès que je file devant sa vieille maison pourrave à la barrière toute déglinguée.
Le minus croit  me fiche les chocottes en aboyant avec une hargne de ouf.
Un de ces quatre je vais m’arrêter brutalement et lui flanquer le coup de pied de sa vie sur son petit museau de rien du tout.
Caillera de clébard va
LAUDATIF
Le soleil brillait joyeusement ce petit matin froid et sec d’hiver. Je descendais la rue, mon panier neuf sous le bras ayant mis ce jour là, pour être plus agile, cotillon simple  et souliers plats.
J’espérais au fond de mon coeur ému,  entendre le bruit si familier du skateboard qui dévalait régulièrement le trottoir fraîchement bitumé par des ouvriers zélés et fort aimables.
Ah! ça y est le voilà ; l’adolescent gracieux dévalait avec une agilité merveilleuse le trottoir à une allure follement téméraire. Fidèle à son habitude un adorable petit chien le suivait, ses mignonnes pattes véloces tricotant derrière cet elfe sur sa planche magique.
Nadine

Si on me parle de…

Si on me parle d’encre violette, je revois ces encriers de porcelaine blanche dans lesquels on trempait nos plumes Sergent Major que l’on essuyait ensuite soigneusement au bord afin d’éviter les taches que les buvards roses absorbaient malgré tout.
Si on me parle de fierté,me revient celle que j’ai eue quand la maîtresse de CE2 a lu ma rédaction à toute la classe en me félicitant pour mon imagination:
 » Racontez votre plus beau Noël  »
Elle m’a valu un huit sur dix.
Si on me parle de taches,j’en vois plus d’une. Assez maladroite,trop pressée,j’en marquais mes doigts,de violet,de mercurochrome,de peinture, de cirage.
Si on me parle de cahier,je revois ce premier,là, à la maternelle,avec une marge et des lignes comme on n’en voit plus.Ce fut l’aîné d’une vaillante lignée,à grands carreaux,spirale,cahier à dessin,pour arriver aux grands à petits carreaux des ateliers d’écriture.

Nadine

Thème de janvier 2018 : les livres

Des auteurs évoquent leurs lectures… Bibliographie proposée par la librairie Le Silence de la mer

Ce que je dois à Aimé Césaire – Jacques Lacarrière – Isolato
Les journaux d’André Blanchard – Le Dilettante
Tout le monde devrait écrire – Georges Picard – Corti
Liberté belle – Joël Cornuault – Isolato
Rencontres avec Samuel Beckett – Charles Juliet – Minuit
Mon Emily Dickinson – Susan Howe – Ypsilon
La figure du dehors – Kenneth White – Le Mot et le Reste
Le palais des livres – Roger Grenier – Folio
L’urgence et la patience – Jean-Philippe Toussaint – Minuit
Les livres tiennent tout seuls sur leurs pieds – Virginia Woolf – Belles Lettres
Séjours à la campagne – Sebald – Actes Sud
Cher lecteur, Georges Picard, Editions Corti

 

On peut ajouter à cette liste :

En lisant, en écrivant – Julien Gracq – José Corti

Journal d’un lecteur – Alberto Manguel – Actes Sud

En vivant, en écrivant – Annie Dillard – Bibliothèques 10/18

 

Octobre à Décembre 2017

– Mon terroir c’est les galaxies, Julos Beaucarne, Éditions Louise Hélène France

– Mon petit royaume, Julos Beaucarne, Éditions Louise Hélène France

– In Memoriam – Adieu ma maison, Nicolas Veyron

Journal, Franz Kafka, LGF

– La vie de famille, Doisneau, Pennac, Édition France Loisirs

– Le parti pris des choses, Francis Ponge, nrf Poésie/Gallimard

– Espèces d’espaces, Georges Perec, Œuvres I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard

– Salam Palestine ! [carnet de voyage] en Terre d’Humanité, Véronique Massenot, Bruno Pilorget, Marc Abel, La boite à bulles

– Premières fois, le livre des instants qui ont changé nos vies, Document Librio

– Papiers collés III, Georges Perros, L’imaginaire Gallimard

– La Maladie de Sachs, Martin Winckler, P.O.L

– Notes de chevet, Sei Shônagon, Connaissance de l’Orient, Gallimard/Unesco

– Le Voile noir, Anny Duperey, Éditions du Seuil

Une surprise pour les amateurs de lecture

Vous aimez les livres ?

Cette semaine les ateliers d’écriture Kergrandpierre réservent une surprise aux participants passionnés de lecture !

Alors si vous êtes passionné de lecture et que vous hésitez encore à nous rejoindre, c’est le moment de vous inscrire pour participer à votre séance d’essai : appelez le 06 79 71 64 58 pour réserver votre place dans une des séances du vendredi 19 ou du samedi 20 janvier.

Au plaisir de vous rencontrer bientôt !

Les livres et textes cités au cours des ateliers d’écriture de septembre

– Je me souviens, Georges Perec, Hachette littérature, 1998. Réédité en Pléiade, 2017

– Enfance, Nathalie Sarraute, Gallimard, 1985

– L’invention de la solitude, Paul Auster, LGF, 1994

– Mon grand-père, Valérie Mréjen, éditions Allia, 2004

– La folle allure, Christian Bobin, Gallimard, 1995

– Trente autoportraits sur mon lit de mort, Éric Chevillard, http://www.eric-chevillard.net/t_trenteautoportraits.php.

– Le calepin d’un flâneur, Félix Leclerc, Biblio Fides, 2013

Souvenir d’enfance

Lorsque j’étais enfant, encore petite fille, j’aimais me pelotonner sur les genoux de ma mère. Sa chaleur se répandait en moi. J’aimais effleurer son chemisier soyeux en un mouvement répétitif, allant et venant, comme pour me bercer. Je lissais ses cheveux frais lavés et caressais ses joues de velours parées. Je lui disais toujours « tu es toute mousse Maman ».

Agnès.