AQUARIUS
La mer autour de moi ressemble à ma savane
Où des vagues de vent vont jusqu’à l’horizon
Et qui frôlent les herbes avec de longs frissons
Et des ombres moirées coulent en caravanes
J’ai quitté mon village et mon père en pleurait
comme pleurait aussi la vie qui m’entourait
Mais dans nos coeurs naïfs s’enflammait cet appel
Qui pousse vers le nord les enfants du Sahel
Ce matin, le moteur s’est tu dans un soupir
Qui nous dit l’Italie, lointaine à en mourir
La peur nous envahit comme une main hideuse
Qui fait griser les peaux, qui fait ternir les yeux
Qui tue ce qu’on rêvait, une aventure heureuse
Parce que nous étions jeunes et que nous étions deux
Ils savaient bien, ceux-là, qui riaient sur la plage
Qui riaent de nos peurs en poussant le canot
Après avoir volé notre argent et notre âge
Ils savaient bien ceux-là et j’en hurle de rage
Et je suis haine et peur et viennent des sanglots
Petite soeur violée, souris et sois sereine
Là-bas , le grand bateau fait hurler sa sirène
Loïc