Ecriture résolutive

A mes genoux

Voilà, ce que je ne soupçonnais pas est arrivé. Je n’aurai pas cru imaginer il y a quelques années  relater ces faits sur la place publique, mais là vous ne me laissez pas le choix. Vous m’obligez à étaler ce que par amour propre on préfère éluder. Ce n’est pas parce que j’avais le vertige que vous avez refusé de bosser, les longues randonnées ne vous ont jamais fait peur, même s’il m’arrivait de refuser de vous solliciter, le vide aux faîtes de certains endroits m’empêchait de réagir sainement, jamais vous ne tremblâtes sur vos attaches. Je vous faisais confiance… Maintenant, je vous le dis sans détour, il se pourrait bien que cela vous arrive  de trembler et le gaz n’y est pour rien.

Qu’entends-je? Un rire sournois? Vous mettez ma parole en doute ? Le jour où ma jambe m’a trahi, vous devez vous en souvenir, jamais cela ne s’était produit, et copains comme cochons, à droite et à gauche, vous vous êtes donné le mot  « voyons combien de temps il va tenir », et bien le temps est venu, vous m’obligez à optimaliser mes déplacements, ne pas faire plus de pas que nécessaire…vous jouez avec le feu, c’est du moins ce que je ressens dans mes articulations, vous faites un parcours du combattant du moindre de mes mouvements.

J’entends des murmures… « à son âge, c’est normal, il est dans les statistiques… » mais les statistiques, on peut les bousculer et je vais vous apprendre de quelles façons on peut chahuter avec les tendances. Ouvrez bien vos cartilages :

Vous vous êtes gaussé des multiples injections dont vous auriez dû vous méfier, vous avez persisté à ne rien changer, fait vos mauvaises têtes de rotule… Mais il se pourrait que vous la perdiez, non pas sur le gibet de la Place de Gréve, mais dans un lieu aseptisé, où la scie remplace la guillotine. Vous êtes avertis, le sursis sera court.

Antoine

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