Elle trottine sur le tapis du salon, moustaches dressées, museau frémissant, ses petites oreilles pointues pareilles à des antennes captant le moindre mouvement autour d’elle.
Je reste immobile, fasciné par son pelage vert émeraude et ses ongles nacrés qui grattent doucement les fibres du tapis.
La première fois que je l’ai vue, elle courait dans l’herbe. Ton sur ton, je ne l’avais pas aperçue tout de suite, je n’avais pas compris ce qu’était cette chose qui se déplaçait sur la pelouse du jardin. Quand j’ai appelé Papa pour la lui montrer, elle avait disparu. Papa ne m’a pas cru.
Je l’ai revue plusieurs fois. On croirait qu’elle fait exprès de se sauver quand j’appelle Papa. Il ne me croit toujours pas. Maintenant je ne dis plus rien. Il a menacé de m’emmener chez le docteur, il dit qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez moi.
Pourtant je la vois, là, sur le tapis du salon. C’est bien elle, je ne suis pas fou. Pourquoi est-elle entrée dans le salon? C’est dangereux. L’autre jour Papa a dit : « Si je la vois, je l’attrape et je la trempe dans l’eau, on verra bien si elle déteint! Ha ha ha! Et si c’est une vraie, le chat la mangera et on n’en parlera plus. »
Va-t’en vite petite souris, retourne courir dans l’herbe. Je te promets que j’irai te retrouver. On sera amis et ça restera un secret entre nous.
Une souris verte qui courait dans l’herbe…
Claire