Je suis l’eau qui me baignait lorsque ma mère me portait et qui m’a laissé, hurlant, au traumatisme de la vie qui commence
Je suis l’eau qui coulait de sa main et de sa tendresse
Je suis l’eau salée des joies d’enfance,
Je suis l’eau salée qui perlait sur les seins des adolescentes et sur les flammes de mes désirs
Je suis l’eau qui réfléchissait le soleil du soir et baignait mes rêves
Je suis l’eau qui lavait mes mains d’adulte et j’avais comme tout le monde, quelquefois, des mains sales
Je suis l’eau qui court sur l’étrave et qui quelques fois gifle à en crier de bonheur
Je suis l’eau sur lequel est lancé le pneumatique surchargé, comme sont surchargés d’horreur et d’espoir les yeux de tous mes compagnons
Je suis l’eau que la première main qui m’accueille alors, m’offre avec un sourire
Je suis l’eau de la vie, du bonheur, de la souffrance, de la délivrance
Le cœur fait-il aussi, jaillir de l’eau ?
Loïc, Octobre 2018