On donne un début de phrase, écrire la suite…

« Je désirais toujours  profondément écrire. Mettre les maux en mots, m’échapper à travers les lignes. Croire encore que tout fut possible, que les choses allaient perdre du poids du fait d’être dites. Je désirais toujours lire, m’extraire de ma vie, le temps d’un chapitre, comme le temps d’une sonate. Ne plus être un instant qu’à travers les mots, écrits, lus, entendus. Je désirais toujours cet échappatoire, ce refuge, cette fuite, cette liberté de m’oublier, en quelque sorte d’être mangée engloutie par un texte, une lecture, disparaître dans les pages, les titres, les mots, l’histoire, me fondre au narrateur et oublier qui je suis. »

Syl

 

Comme il l’avait promis, il ne souhaitait pas que ça se sache. Il avait tout fait pour le cacher, il savait que ce n’était pas bien et que le mieux était de le dévoiler à tous. Mais son côté pudique avait pris le dessus. Il était à deux doigts de le dévoiler, mais ne savait pas ce qui le retenait de ne pas le dire. Vaut mieux tout avouer se dit-il, le mieux est de jouer carte sur table. Allez, je vais quand-même le dire haut et fort. Juste à ce moment là le cœur se mit à palpiter… l’émotion ? Bien plus, une crise cardiaque foudroyante. Malheureusement on n’en saura pas plus.

 

Ce que Tom regrette le plus, c’est de ne pas avoir été choisi pour être le père Noël lors de la sélection du supermarché du coin. C’est vraiment une idée magique que de donner aux enfants un jour par an des jouets. Cette action vis-à-vis des bambins, Tom en rêvait. Pour une fois ce n’aurait pas été un travail, mais un vrai plaisir pour lui. L’entretien qu’il avait eu avec le chef du personnel lui avait paru bizarre. Il avait eu beau se présenter sous son meilleur jour, mais rien n’avait fait ! Tant pis se dit-il, j’irai passer Noël dans ma famille à Dakar.

 

Jean pourrait travailler mieux, Disait son père, le matin en se rasant. Il avait pris le relais de sa femme qui n’en pouvait plus de cet être qu’elle avait mis au monde et qui lui procurait beaucoup de soucis. Un rebelle, disait elle, comment j’ai pu faire un enfant pareil ? Un psychologue qu’elle avait vu en douce lui parla de l’âge où l’être humain veut s’émanciper, sortir du cocon familial pour affronter la vie. Mais bon, elle n’arrivait pas à accepter Jean dans son nouveau look. Il y a des limites à tout et son conformisme lui faisait écran, à voir la transformation de ce petit chérubin. Elle le regardait se promener dans la maison avec des pressings aux oreilles, sur les lèvres et même dans les joues, et cette coiffure en forme de crête de coq toute rouge, rasée tout autour, non, non et non. En plus avec l’alerte de la grippe aviaire, il est inconscient ce petit.

Lin

 

Je désirais toujours approcher sans le franchir le seuil des mystères qui se refusaient encore à ma connaissance.

Je désirais toujours m’éloigner de ceux qui étaient coutumiers de petites trahisons.

Je désirais toujours exister pour me sentir pleinement présent au moment opportun.

 

Il se sent toujours encouragé quand on lui témoigne un tantinet d’estime, qu’on lui reconnaît ses mérites passés, présents et à venir, quand elle lui envoie de subtiles signaux qui semblent traduire une envié lui dire « je t’attends. Montre moi donc toute l’étendue de tes pouvoirs, toi le magicien noir ». Enfin quand on écoute et conçoit la véracité de ses perceptions spirituelles et sensibles, aussi déroutantes fussent-elles pour un esprit rationnel.

Charles

 

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