Instantanés

Proposition d’écriture : Rapporter quelques instantanés de ces dernières journées

 

 » Une toute petite giroflée, tache jaune d’or dans la grande étendue verte. »

 » La dame au petit chien ; l’une et l’autre ont leur manteau de pluie. »

 » Une herbe rebelle s’est invitée dans une fissure du trottoir. »

 » Un oiseau a chanté avant la sonnerie du réveil : ça sent le printemps ! »

 » Sur le trottoir, un vieux toutou bien lourd à la gorge tombante. »

 » Une porte très haute surmontée d’un œil-de-bœuf, comme un corps très long avec une toute petite tête. »

 » Des lunettes à monture noire qui font le regard en ailes de papillon. »

 » Un homme habillé chic, pantalon blanc et blouson marine, tenant un tout petit chien très large et très poilu, comme une serpillère qui se trémousse au bout de la laisse. »

 » Pour vider sa tête, noyer son regard dans la profondeur d’un mandala. »

 » Les fleurs tombées du camélia, nénuphars rouges échoués sur la pelouse. »

 » La sensation qu’il est encore très tôt quand le réveil sonne à nouveau après une semaine de vacances. »

 » Trois petites feuilles de chou farci sur un lit de salade verte. »

 » Dodus, plats ou pointus, toute une collection de cailloux cœurs. »

 » Un petit mot trouvé sur la table au retour du marché, rendez-vous manqué… »

Marianne

 

 

 » Elles ont vingt ans, le cœur en bandoulière, le regard audacieux, la silhouette insolente. Mais que savent-elles vraiment ? »

« Dans la rue, des maisons figées dans le temps. Derrière des rideaux gris, des gens qui vieillissent. »

 »  La voiture rouge dans la rue. Caché dessous, un chat noir me regarde. »

 » C’est un jour tout gris. Mais le mimosa s’en fiche. »

« Mars est arrivé. Le vieux mur aux pierres disjointes est heureux. Bientôt, ses amis les lézards reviendront. »

 » Deux enfants marchent, le cœur et le cartable léger, le long du mur du cimetière. »

 » Le long des chemins de la mer intérieure, il y a de vieux manoirs peints en rose et des enfants rieurs qui jouent sur des balançoires. »

 » L’homme à la Harley Davidson avait roulé longtemps. Quand le moteur se tut enfin, il posa pied à terre et contempla la mer. »

Philippe

 

« Encore endormis par le froid de la nuit, les oiseaux tout doucement se mettent à piailler, comme des clochettes.

La jeune mariée sur le parvis de l’église se noie dans son voile qui lui couvre le visage.

Le ronronnement de la cafetière, comme une locomotive qui se lance, emplit la cuisine et l’odeur qu’elle distille attise l’appétit.

Les pas pressés des collégiens qui se ruent à l’entrée principale dés que la sonnerie retentit tels des papillons attirés par la lumière.

Derrière les hauts murs en pierre, les croix debout.

D’une rue à la cour intérieure, ce passage fleuri comme un couloir.

Au centre, sorti de nulle part, le clocher et sa flèche, net et droit.

La lumière écarte les nuages gris et s’infiltre comme une coulée d’eau.

Un brouhaha de moteur et de Klaxons surgit au bout de la rue sur le boulevard. »

Syl

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